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Trail du Ponant - Belle-Ile

Publié le par adrenaline2fr.over-blog.fr

 

Epoustouflant !

 

Ce trail est à entourer absolument sur le calendrier 2011, tant par sa beauté que par sa difficulté. Petit retour en arrière pour donner envie...

 

Samedi, 6h.  

Les yeux encore pleins de brume, Fred et moi nous préparons à vivre une incroyable journée. Les péripéties du trajet et du parking passées (merci le manque d'infos sur le site de l'épreuve), nous voici à bord du bateau pour une traversée matinale mémorable. Le navire lève l'ancre tandis que le soleil perce l'horizon sur le continent. La mer est belle, le ciel est d'un bleu limpide (mais encore sombre pour le moment), c'est juste un moment magique.

Les visages des trailers à bord sont plutôt détendus, même si tout le monde se doute que ça sera difficile.

Belle-Ile et ses habitants nous accueillent au Palais avec le marché du Samedi matin. J'hésite à embarquer quelques poissons, saucissons ou légumes frais, mais mon camel back refuse obstinément de s'alourdir.

En route pour le retrait des dossards, où nous découvrons également que nous avons la possibilité de laisser un sac de rechange. C'est bien, mais ç'aurait été encore mieux d'avoir été prévenus...(merci le site internet, bis !)

  

Dossards, puces, abonnement aux toilettes, tartinage de pieds, d'aisselles, de c** , croissants (combien déjà :) ) et on file vers la zone de départ.

Tout le monde attend au soleil sur le port, il fait un temps superbe, déjà chaud. Les manchettes sont restées au vestiaire, c'est manches courtes pour tout le monde.

2 minutes avant le départ, j'initie Vilcoyote au baptême 2fr. Une paire de fesses sous une banderole Salomon, c'est tout de même particulier.

Puis c'est le départ. Petit tour dans les rues du Palais et on attaque la première côte au bout de 400m de course : le ton est donné !

A peine parti et déjà une première douleur se fait sentir. Les innombrables passages aux toilettes ont commencé l'entreprise de sabotage de mon arrière train !!! Je vais appeler ça l'acide "chitrique", nom d'une couille de loup.

Le Palais - Locmaria : 17 km

Le sentier côtier se déroule sous nos pieds. Le paysage de la côte sous le vent est fantastique, la végétation traversée multiple : pins, ajoncs, fougères. Les criques sous nos yeux offrent des couleurs spectaculaires : le turquoise est de sortie. Petit coup d'oeil de temps en temps en arrière pour admirer...un vrai plaisir.

Côté sportif, Fred l'a bien décrit, on commence la longue succession de montées-descentes, mais ça roule plutôt pas mal. Les bouchons ont l'air de gêner quelques coureurs : pas nous. La route est longue jusqu'à l'arrivée et le chrono n'est pas l'objectif numéro 1. C'était un sujet de discussion pendant la traversée matinale : combien de temps allions-nous mettre pour faire ces 43-45 km ? Fred a en tête de faire en 5h et 5h30, et on finit par se dire moins de 6h. Cette discussion me reviendra à l'esprit bien assez tôt...

La traversée de la longue plage des Sables est un bon moment de détente. En fait, le côté super agréable de cette course, c'est qu'elle nous donne l'impression d'être en vacances. Et on peut profiter à fond de l'île puisque les touristes ne sont pas là. Très peu de marcheurs sur le GR, la plage est déserte, c'est comme si on nous avait réservé l'île.

On arrive à l'extrême sud , encore quelques kilomètres et au sommet d'une longue côte bitûmée se profile le premier ravito. Locmaria. L'ambiance est sympa, on se sent bien. Je ne recharge pas le camel car j'ai peu bu, je prends quelques verres de boison isotonique, un peu de salé, un peu de sucré, et on repart.

Locmaria-Bangor : 21 km

J'ai l'estomac un peu lourd d'avoir mangé si vite. J'aurais dû prendre un peu plus de temps, et commencer à m'étirer, ç'aurait été salutaire.

On passe sur la côte au vent. De vent il n'y a pas. En revanche, la végétation à changé. Les buissons sont plus ras et le plus souvent le sentier est à nu. Fred est bien. Il est repassé devant moi.

km 24, je sens des alertes au niveau des adducteurs. Pas bon signe. C'est une douleur que je n'ai encore jamais connue en course à pied. Et pourtant, on peut dire que je suis devenu au fil des courses le spécialiste de la crampe.

A bien y réfléchir, au Roc suzannais, j'avais terminé le VTT avec des crampes partout sur les cuisses, et notamment aux adducteurs. Aïe ! 60 bornes de vtt une semaine avant, ce n'était finalement peut-être pas une aussi bonne idée. Je ralentis donc et je vois Fred qui chausse le mp3. Je sais déjà que je ne le reverrai plus.

Les côtes s'enchaînent alors à un rythme beaucoup plus lent. Les crampes apparaissent sur le releveur (devant de la jambe) et sur le bas du mollet. Mais ce ne sont pas des côtes, ce sont de véritables murs. Les cuisses tiennent mais les jambes coincent. Et une fois en haut, impossible de relancer, c'est au tour des adducteurs. Alors commence un combat : relativiser, prendre son mal en patience, boire, boire, boire, s'étirer, marcher, essayer de trotter sur le plat. Ca ne veut pas ! Je n'insiste pas, je remarche.

Mais évidemment le temps est long. Seules les descentes me permettent de m'amuser à cavaler (c'est bon pour le moral).

Chaque fois que je croise un bénévole ou un coureur armé d'un GPS, j'obtiens la postion exacte de mon calvaire.

27, 28, 29, 30.

Là, même dame que Fred pour la recharge du camel. Beaucoup des coureurs autour de moi ont les réserves vides. Ce deuxième ravito, à 5 km de l'arrivée, nous semble assez mal placé. J'aurais dû mieux me renseigner.

Je relance dans la descente. J'essaye de modifier ma manière de courir pour tromper l'ennemi crampe, et ça fonctionne un peu. Je parviens à trotter sur le plat et les descentes, c'est déjà ça de gagné.

Dernière plage à traverser, le sable mou, c'est formidable, puis évidemment une patate énorme. Allez, on avance...

Au pied de Bangor, sorti de la plage, il faut remonter au village. 2 km et c'est le ravito. Je ne peux pas courir, alors je marche aussi vite que possible. Dans ces cas-là, je pense à l'allure de marche hyper rapide de Dave et Seb, et ça me motive à accélérer car pas de douleurs en marchant.

Bangor : pause. Mêmes boissons, même bouffe. Je goûte au chèvre local. Il est 15h. La barrière était à 16h, et il reste pas mal de concurrents derrière. Je discute un peu avec d'autres "mal en point", crampeux eux-aussi.

Etirements et c'est reparti. Les infos sont confuses sur le nombre de km qu'il nous reste à parcourir.

5 selon la police, 7 selon les manifestants !

Bangor-Le Palais

On quitte désormais le sentier côtier pour rallier l'arrivée par la route (petite route ou larges chemins). J'adopte une nouvelle stratégie : je vais fractionner de poteau en poteau, en alternant marche et course. Et ça marche. Je reprends même quelques concurrents (oh pas beaucoup mais ça fait toujours du bien). Je me fais doubler aussi, c'est le jeu.

2 km avant l'arrivée, grosse descente, puis grosse remontée sur les fortifications. 1km, je raccroche le téléphone, je regarde la montre, je suis en haut de la côte : 15h54 !!!! plus que 6 minutes pour arriver avant l'objectif. Avec un concurrent, on se lance à fond "allez, moins de 6h". En fait, ma montre retarde de 2 minutes...aïe aïe aïe !!! Traversée du fort à bloc. Je double un couple qui m'a dépassé il y a peu : "ah ben ça va mieux toi !"   "oui oui...moins de 6h !!!"

Sortie du fort, grand descente vers l'arrivée, mâchoire serrée, les jambes en feu, je sais que ça ne le fera pas mais je finis à fond quand même et je franchi la ligne en 6h01...arrrggghhhh...c'est la fierté qui en prend un petit coup.

Je sors du parc d'arrivée et j'aperçois le Coyote frais comme une ablette. Il a dévoré les kilomètres pour faire un super temps. C'est génial.

On reste quelques minutes, le temps d'applaudir des concurrents qui en finissent avec le 83 km. Chapeau.

C'est fini, ou presque. Il faut remonter la côte pour aller chercher nos affaires, nous faire masser (trop bien) et repartir prendre le bateau.

On quitte Belle-Ile avec énormément de belles images dans la tête. Cette édition 1 est très réussie, et la météo y est pour beaucoup.

Je connais quelques pink riders qui auraient adoré se frotter au relief morbihanais...

L'an prochain ?

J'y serai.

 

PS : sympa tes coups de tel Dave, c'est vrai que ça aide, surtout aux moments difficiles !!

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L

Bien joué les guys... une bien jolie course: on fait le 80 l'année prochaine?


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